Rinse France

Entretien avec ZULI

Entretien avec ZULI

Le 30 septembre 2020, Légitime invite ZULI sur Rinse France. À cette occasion, le talentueux compositeur, multi-instrumentiste et DJ d’origine égyptienne a répondu à quelques unes de ses questions.

 


FRANÇAIS (ENGLISH BELOW)

ZULI a dirigé un club basé au Caire appelé VENT de 2013 à 2015, utilisant plus tard le nom pour ses soirée et un festival. VENT et KIK ont commencé à présenter des événements en Europe, et début 2016, le premier EP de ZULI, Bionic Ahmed, est sorti sur le label de Lee Gamble : UIQ.

Son deuxième EP ‘Numbers’ est sorti en 2017 et a été suivi en 2018 par ‘Trigger Finger’ sur Haunter Records : un EP alliant jungle gonflée et techno trouble. Plus tard cette année-là, ZULI sort ‘Terminal’, un double album ambitieux inspiré de ses expériences dans sa ville natale.

L’album a été bien accueilli par la presse musicale expérimentale, en particulier The Wire, qui l’a nommé le deuxième meilleur album de l’année.

 

1 — Comment vas-tu Ahmed ? Ça se passe comment la vie au Caire depuis que le monde tourne à contre sens ?

C’est comme si il n’y avait pas de réelle pandemie ici, tout est redevenu comme avant. Nous avons simplement eu une brève période de couvre-feu, les zones publiques étaient limitées et maintenant nous n’avons plus aucune forme de restrictions.

2 — La dernière fois que nous avons échangé tu m’as dit que « rien » n’avait changé en Egypte. J’ai pu lire plusieurs fois que pour toi la musique et ce qu’elle dégage n’était pas forcement lié à une situation géographique ? Depuis que les frontières, clubs ou lieux de fêtes sont quasiment tous fermés… cela a encore plus de sens à ton avis ? 

J’imagine que cela dépend de la vision de chacun ! Pour certaines personnes, rester bloquer dans un même environnement pendant des jours peut avoir une certaine forme d’influence quasi forcée.

3 — Est-ce que cette période totalement décalée t’a incité à penser différemment la direction que tu donnais à ta carrière et ta façon d’appréhender la musique ? 

Complètement ! Surtout depuis que ma vie aujourd’hui dépend de mes gigs. Le dernier a eu lieu en février dernier… Mais aucune chance que j’arrête la musique pour autant, c’est certain !

4 — Penses-tu que l’isolation soit utile ?

Pour ma musique évidement, oui. Pour ma santé mentale, surement beaucoup moins…

5 — Depuis très longtemps maintenant, je sais que tu attaches énormément d’importance à la musique collaborative, est ce que Zuli nous prépare quelques « hits » avec des artistes qui nous seraient familiers ?

Oui, et aujourd’hui plus que jamais ! Malheureusement je ne peux rien dire pour le moment… 

6 — Il y a-t-il un artiste avec lequel tu rêverais de collaborer ?

Freddie Gibbs, j’adorerai créer des « beats » avec lui !

7 — Peux-tu nous en dire un peu plus sur le mix que tu viens de nous préparer ? Des idées ou envies particulières ? Où l’as-tu enregistré ?

Cela faisait un moment que je n’avais pas réaliser un mix « club », je me suis donc rendu dans mon studio, j’ai branché mon controller, j’ai fais fumer Rekordbox et balancer des «skeuds » pendant une heure !

 

ENGLISH

On September 30, 2020, Légitime invited ZULI on Rinse France. On this occasion, the talented composer, multi-instrumentalist and DJ from Egypt answered some of his questions.

ZULI ran a Cairo-based club called VENT from 2013 to 2015, later using the name for a club night and festival. VENT and KIK began presenting events in Europe, and in early 2016, ZULI’s debut EP, Bionic Ahmed, was released on Lee Gamble’s UIQ imprint.

His second EP Numbers appeared in 2017 and was followed by the blown-out jungle and murky techno of 2018’s Trigger Finger (Haunter Records). Later that year, ZULI released Terminal, an ambitious double-LP inspired by his experiences in his home city.

The album was well-received by the experimental music press, particularly The Wire, which named it the second-best album of the year.

 

1 — How are you Ahmed? How is life going on in Cairo since the world is running crazy this year? 

It’s like there’s no pandemic over here; everything is back to normal. We only had a brief period of curfew, then limited capacity for public spaces, and now there’s virtually no restrictions at all.

2 — Last time we chatted you told me : “nothing changed in Egypt man ! ». I also read that for you the spirit of music is not linked to a geographical location ? Since borders and most of the World and European venues are shut down… This even make more sense today?

I guess it depends on your lens whether it makes more or less sense! One could argue that being stuck in the same environment could force some sort of influence on you.

3 — Did this crazy period of time made you think differently about your carrier and the way you’ll keep on making music? 

Definitely, especially since I rely mainly on gigs to make a living and haven’t played a show since last February. I’m not sure I have it in me to quit music, tho!

4 — Do you find the isolation helpful?

For my music; absolutely, yeah. For my mental health, not so much.

5 — Through the past, I know you have a strong relationship with “working through collaborations”, is Zuli cooking recent hits with some artists we must know? 

Yes, more than ever before! Unfortunately I can’t talk about any of them yet 🙂

6 — Is there any artists you dream to work with?

Freddie Gibbs; I’d love to get him on a beat!

7 — Can you tell us more about this mix you blessed us? Is there any ideas behind and where did you recorded it?  

It’s been a while since I’ve done a club mix, so I just went into my home studio, plugged in my controller, fired up Rekordbox and hit “record” for an hour 🙂

ZULI made a mix for Rinse France — stream it down bellow 

Tweet us at @rinsefrance